L’ère des usages numériques

Dans les années 80, la technologie avait fait un important bond en avant. Pour autant, comme toute rupture technologique, les évolutions à portée sont longtemps restées peu accessibles, car élitistes, coûteuses et sans réelles applications profitables. La technologie était là, mais on ne savait encore qu’en faire pour la rendre pleinement rentable. Le même constat peut être fait du côté des utilisateurs : alors qu’il était possible de revoir sa façon de travailler grâce au numérique, la connaissance n’était pas encore acquise, les esprits encore trop peu accoutumés aux possibles du numérique, la résistance au changement souvent forte. La révolution numérique des années 80 n’a été une véritable révolution que pour une minorité de précurseurs qui sont allés au-delà de la dématérialisation des outils et des processus.

En 2015, et depuis quelques années, les limites technologiques ont été repoussées au-delà des limites de la créativité des visions stratégiques et des business models qui en découlent. Tout ce qu’une entreprise souhaiterait faire, la technologie le lui permet, selon l’investissement financier qu’elle consent à faire. Conjointement, les usages numériques ont complètement imprégnés les quotidiens personnels, et, par ce vecteur tentent sans cesse de pénétrer le quotidien professionnel. L’usage numérique a dépassé la simple utilisation de moyens de production informatiques tels que l’ordinateur et ses logiciels bureautique ou métier (ERP, CRM…). Le quidam a aujourd’hui, en grande majorité, intégré l’usage communautaire et connecté dans son quotidien.

La révolution numérique a bien commencé il y a 30 ans, mais c’est aujourd’hui seulement que la conjonction de ces deux facteurs, possibilités technologiques et usages largement intégrés, permet d’en réaliser tout le potentiel

Une explosion des usages du numérique

De nombreux indicateurs dessinent l’accélération en cours et montre que le numérique est d’ores et déjà entré dans une nouvelle ère de la connectivité.

Le taux de pénétration de l’internet

Au niveau mondial, en 2015, 42% de la population accède à l’internet, en progression de 35% par rapport à 2014. En Europe de l’Ouest, on dépasse les 80%, et en Amérique du Nord on approche les 90%. Il existe aujourd’hui des endroits dans le monde où l’on accède à l’internet avant de bénéficier de l’eau courante.

Le taux de pénétration des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux font, depuis quelques années, partie intégrante du quotidien. En Europe où sur 837 millions de personnes, on compte 387 millions de comptes actifs, soit près de 50% de la population. De 2014 à 2015, ce sont encore des taux de pénétration à deux chiffres (+12% vs 2014) qui sont mesurés. Cette explosion des réseaux sociaux contribue à l’augmentation impressionnante des échanges des données. En 2015, chaque minute sur les réseaux sociaux :

  • 600 vidéos Youtube sont mises en ligne,
  • Plus de 98000 tweets sont échangés,
  • Plus de 695000 statuts Facebook sont publiés…

Les volumes d’usage dans le commerce

Chez les consommateurs, la tendance est la même. Quand ils voyagent, les français sont nombreux à se rendre sur Voyages-scnf.com : 7 millions de visiteurs uniques par mois, selon la plateforme, pour 4,2 milliards de chiffre d’affaires en 2014. Dans le commerce de biens de consommation, les chiffres donnent la mesure du développement du eCommerce : en 2013, plus de 600 millions de transactions en ligne ont été opérées, pour un chiffre d’affaires de 51 milliards d’euros. Sur le site FNAC.com, ce sont pas moins de 675000 visiteurs uniques qui viennent chaque jour déambuler dans les rayons numériques de l’enseigne. Plus avant encore dans les comportements d’achat liés aux usages digitaux, la part du mCommerce, soit l’acte d’achat sur téléphone mobile, explose : +160% de 2012 à 2013, ou 2,6 milliards d’euros.

Les exemples sont nombreux et au-delà de leur nature souvent spectaculaire, ils mettent en avant un phénomène important : la démocratisation de ces usages du numérique vient du monde personnel. Nous, citoyens, consommateurs, dans nos vies quotidiennes, avons décidé de vivre numérique. Nos vies professionnelles n’y feront pas exception.