Renaud Vayssade

Renaud Vayssade

Agiliste du changement / Directeur de Programme chez Arsia Mons
« Tout est changement, non pas pour ne plus être, mais pour devenir ce qui n’est pas encore »
Épictète
Renaud Vayssade

En ces temps incertains, difficiles pour les uns, peut-être plus simples pour d’autres, nous sommes nombreux à nous poser la question de ce qui changera dans le monde et dans notre vie professionnelle à l’issue d’une période inédite pour la majorité de l’humanité.

Si quelques-uns savent déjà ce qu’ils feront en sortie de crise, nous sommes une grande majorité à penser qu’il y aura un avant et un après COVID, sans réellement savoir ce que sera cet après : réinvention, redéfinition, recentrage, reprise ?

Au-delà de notre projection, comment allons-nous ressortir d’un temps où le temps semble s’être arrêté ? Comment notre état d’esprit aura évolué et comment pourrons-nous canaliser toutes les énergies que nous avons pu emmagasiner, fussent-elles positives ou négatives ?

Le coaching professionnel peut être une réponse dans notre redémarrage. Il peut nous amener à retrouver rapidement une dynamique individuelle et/ou collective et à nous réinventer.

Coach, Coaché, Coaching

Ces mots se popularisent depuis quelques années mais restent souvent incompris de la majorité des personnes qui l’emploient ou pensent le pratiquer.

A l’image de certaines de ces entreprises du monde de l’informatique ou des services numériques qui ont, par le passé, galvaudé le terme de consultant pour valoriser l’activité de leurs ingénieurs, elles détournent aujourd’hui celui de coach pour mettre en avant leurs activités de conseil et donc les monétiser encore plus sur le marché concurrentiel des systèmes d’information.

“Nous arrivons à comprendre les subtilités de ce métier qui, même s’il touche la relation d’une personne à sa problématique dans un système donné, n’est ni de la psychanalyse ni du consulting ”

Également dans notre propre métier, par le passé, beaucoup de personnes se sont autoproclamées coachs, alors qu’elles n’en avaient ni les appétences ni les compétences, et ont eu des pratiques parfois douteuses, parfois hasardeuses ou encore, et c’est là le plus grave, parfois irresponsables surtout au regard de la matière brute manipulée et travaillée avec un coaché.

Combien de personnes, combien d’annonces, combien de reportages voyons-nous aujourd’hui autour du coaching sportif, du coaching de vie ou encore du coaching professionnel, mais combien sont réellement pertinents.

Force est de constater que tous ces professionnels, aussi bons, aussi différenciants soient-ils, ne pratiquent en rien le coaching tel que nous l’entendons aujourd’hui au sein des réseaux de coachs ou encore des associations professionnelles qui régissent notre métier et tendent à le définir, voir à le réguler, avec précision.

Finalement, lorsque nous avons été confrontés lors de séances de coaching individuelles ou collectives à des professionnels et praticiens ayant suivi une formation, si possible certifiante, de qualité, ou bien lorsque nous nous intéressons de près à cette pratique, nous arrivons à comprendre les subtilités de ce métier qui, même s’il touche la relation d’une personne à sa problématique dans un système donné, n’est ni de la psychanalyse ni du consulting et surtout pas de la manipulation.

Ne se proclame pas et ne devient pas coach qui veut

Devenir Coach, c’est avant toute chose une question d’Envie. Il faut avoir Envie de se tourner vers l’Autre, d’adopter une posture basse face à son interlocuteur (donc de ne plus être au centre des préoccupations de l’Autre), de se remettre en question sans cesse dans un monde de plus en plus individualiste où l’aveu de faiblesse, même momentanée, reste proscrit.

Devenir Coach, c’est également avoir quelques prédispositions personnelles acquises depuis notre plus jeune age. Empathie, écoute active, conscience de ses émotions sont quelques « soft skills » qu’un coach se doit de posséder pour accompagner les coachés dans leur relation à leur problématique.

“Le coach est finalement un humaniste qui œuvre pour que chaque individu, chaque collectif progresse par ses propres moyens ”

Devenir coach, c’est enfin faire un travail important d’introspection, permettant d’identifier ses forces et ses atouts mais également ses points de faiblesse. Cette prise de recul sur soi régulière permet de se définir un parcours d’amélioration continue dans sa pratique et d’identifier les éventuels outils complémentaires (CNV, neurosciences, systémie, etc.) permettant de renforcer son accompagnement.

Le coach est finalement un humaniste qui œuvre pour que chaque individu, chaque collectif progresse par ses propres moyens, moyens qu’il aura trouvés, dénichés, extirpés, mobilisés en lui grâce à la compétence, la bienveillance et la passion de son coach.

Le coaching pour accélérer la sortie de crise

Pour ceux qui, par chance, n’ont pas été affectés de plein fouet par cette crise du COVID (désastre personnel, catastrophe professionnelle), nous sommes beaucoup à avoir utiliser ce temps pour nous recentrer, développer des savoirs, nous préoccuper de nos proches et de nos amis. Si certains arriveront à canaliser et exploiter naturellement cette matière, d’autres mettront du temps à trouver le bon assemblage de tous ces acqui.

Finalement, le défi à court terme sera de savoir combien de temps il nous faudra pour nous redresser et quels moyens nous souhaiterons mettre en place, individuellement et collectivement, pour accélérer notre prochain essor.

Le coaching pourra alors être une réponse d’accompagnement pour permettre de se stabiliser, de repartir sur des bases saines dans un monde qui aura de toute façon changer vers des valeurs renforcées, nous l’espérons, d’humilité, d’écologie, de responsabilité, bref d’humanité.

Dans tous les cas, les coachs assumeront pleinement leur responsabilité aux côtés des entreprises dans cette Re-naissance et cette Re-construction.