img-article1On entend numérique ou digital, et l’on pense d’abord service mail et bureautique, intranet et mobilité. Mais la révolution du numérique réside-t-elle vraiment dans ces outils qui nous permettent simplement de faire, certes bien plus vite, ce que nous faisions déjà avant ?

La vraie rupture portée par le numérique est en réalité un changement de paradigme, la profonde modification d’un écosystème économique dans lequel l’entreprise, ses fournisseurs et ses clients peuvent désormais interagir en continu comme jamais il ne fut possible auparavant.

Les technologies digitales ont rendu poreuses les frontières de l’entreprise, transformé les fournisseurs en partenaires ponctuels, rapproché les clients existants et potentiels au point de rendre possible leur intégration à la chaine de valeur même de l’entreprise.

Dans un contexte concurrentiel de plus en plus acharné, la course à la rationalisation des coûts de production a atteint ses limites. En conséquence, la canalisation de la formidable source d’innovation que représentent les utilisateurs est dès aujourd’hui un enjeu critique pour toutes les entreprises qui souhaitent devancer leurs concurrentes et continuer de croître dans le contexte de saturation croissante des marchés.

Le numérique et ses usages ont permis un rapprochement, encore impensable il y a peu, entre l’entreprise et un potentiel de nouveaux clients fédérés en communautés online. Ces concentrations d’utilisateurs qui réfléchissent ensemble, partagent, expriment leurs problématiques et souhaits, sont des sources d’innovation en puissance ne demandant qu’à être écoutées et exploitées.

S’il est important pour l’entreprise de conserver une capacité d’innovation au sein de son organisation, force est de constater qu’une part grandissante des idées rentables seront le résultat d’une écoute active des communautés et d’une capacité à exploiter de façon efficace et efficiente les opportunités détectées avant la concurrence.

Voilà la révolution du numérique : l’accès nouveau à une source d’innovation virtuellement infinie qui nécessite pour être captée une refonte profonde des processus de l’entreprise et une adaptation importante des savoir-être et savoir-faire.

Les questions à se poser sont nombreuses :

  • Comment identifier cette nouvelle source d’innovation, bâtir ou atteindre une communauté de clients ?
  • Comment doit-on repenser les processus internes de son organisation pour exploiter cette innovation avec agilité ?
  • Comment penser son rapport aux fournisseurs pour rendre les partenariats flexibles et productifs, condition sine qua non à la rapidité d’exécution ?
  • Quels sont les pièges à éviter dans ce nouveau paradigme ? Tyranny of the mob (un concept plébiscité par une communauté n’est pas nécessairement rentable commercialement), nouvelles problématiques liées à la sécurité des données et à leur usage…

Le sujet est passionnant car total, non seulement au sein de l’entreprise (processus, capital humain, moyens technologiques), mais aussi dans le principe nouveau d’une intégration verticale de l’entreprise, de ses fournisseurs et de ses clients.

Il arrive que nous-mêmes, acteurs au sein d’entreprises connectées, utilisateurs de services numériques, résistions à ces nouveaux usages que nous percevons parfois comme une forme de nuisance et d’intrusion dans nos vies privées. Ou tout simplement réfutons-nous leur potentiel parce que nous n’y croyons pas.

Pourtant l’enjeu est fort : la performance future des entreprises s’y joue déjà. Pour convaincre, la preuve doit être faite que cette transformation numérique non seulement est accessible aux entreprises, mais peut aussi être respectueuse de la vie privée des clients et des collaborateurs.