La crise sanitaire actuelle a déjà fortement impacté les opérations de fusion-acquisition (Merger and acquisition, M&A). Certains de ces projets ont été abandonnés ou freinés mais de nouveaux vont désormais être envisagés ou même (re)lancés.Les opérations concernées sont celles dont les conditions ont préalablement été négociées et qui tenaient compte par exemple d’objectifs financiers qui ne pourront pas être atteints du fait de la crise. D’autre part, les opérations qui sont encore en cours de préparation, voire de négociation, doivent également prendre en compte le caractère mouvant et encore plus imprévisible des conséquences économiques de cette crise sur les résultats des structures devant être cédées.S’il est certain que cela entraînera nécessairement des reports, voire des annulations de processus d’acquisition et de cession, il est faux de penser qu’il n’y aura plus aucun dossier de M&A dans les prochains mois. Au contraire, de nouvelles formes d’opérations vont apparaitre. Ce ne seront plus des projets de M&A classique qui se poursuivront, mais des actions redessinées par la crise et guidées par les opportunités que celle-ci met au jour.La nécessité de s’adapter au plus vite à la situation actuelle et de préparer le « jour d’après », notamment en accélérant la recherche d’économies d’échelle et de synergies, devrait conduire de nombreuses entreprises française et internationales à mener, dans des délais courts, des rapprochements stratégiques et des opérations de cession ou d’acquisition.Toutes ces initiatives pourront s’accompagner de réorganisations préalables afin de reconfigurer les activités devant être cédées à des fins stratégiques. Ces projets devront sans doute être menés à des valorisations bien moindres et à des conditions juridiques moins favorables aux cédants que celles qui prévalaient avant ces derniers mois exceptionnels. Il apparait aussi probable que des opportunités vont se créer grâce à la crise. En effet, le nombre d’opérations OU le cédé, voire également le cédant, sont en difficulté financière va considérablement augmenter.Dans ces conditions, encore plus que dans les autres opérations de M&A, il est primordial d’appréhender correctement la totalité des enjeux juridiques de responsabilité pour le cédant et le cessionnaire et de prendre toutes les précautions nécessaires sur le plan économique.De plus, dans ce contexte exceptionnel, l’acquéreur devra porter une attention accrue à la phase de Due Diligence. En effet, de nouvelles questions liées à la Covid-19 apparaissent et méritent la plus grande attention lors de cette phase cruciale.En complément des sujets traditionnellement revus lors de cette étape, il sera important de : • Comprendre ce qui a été mis en place au sein de l’activité acquise pour faire face à la Covid-19 (Plan de Continuité de l’activité, Plan de continuité de l’organisation, etc.) • Identifier les mesures gouvernementales spécifiques auxquelles le groupe cible a décidé de recourir (Financements, recours au chômage partiel, exonérations de charges fiscales ou sociales, etc.), et de vérifier que les conditions pour en bénéficier ont été respectées • Mener des investigations sur la robustesse du système IT notamment en raison de la mise en place de nouveaux outils de travail collaboratif et de l’impact de la généralisation du travail à distance • S’assurer du respect des normes RGPD (récupération des données de santé des collaborateurs, etc.) et de la cybersécurité (failles de sécurité éventuelles identifiées lors du Covid-19, mesures de remédiation mises en place, etc.)La COVID-19 a bien entendu eu un impact immédiat et peut-être même paralysant sur certaines opérations de fusions-acquisitions. Cependant de nouvelles opportunités vont commencer à émerger. Les différents acteurs sur le marché devront revoir attentivement les délais et les attentes prévus pour les transactions et étendre leur examen de due diligence aux questions susceptibles d’être touchées par la pandémie et plus globalement par la gestion des risques.

 

 

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