img-article4A l’heure où le digital est vu comme un relais de croissance par de nombreuses sociétés, ténors du CAC 40 en tête, cette nouvelle sonne comme un retour des années fastes pour les métiers du numérique.

L’informatique est aujourd’hui moins considérée comme une fonction support (et souvent un mal nécessaire) et de plus en plus comme un levier de croissance pour l’entreprise. La publicité, en poste d’observation avancé, souligne bien cette tendance avec près d’un quart des budgets mondiaux 2013 repositionnés sur le web.

Pour beaucoup d’entreprises, prendre le virage digital est devenu indispensable mais certaines idées reçues ont la vie dure, comme celle qui restreint la présence numérique d’une entreprise à un site vitrine bon marché.

La réalité est que les places en 1ère page de Google sont chères. Il faut savoir animer sont e-réputation et bien sûr proposer des produits ou des services innovants aux internautes et mobinautes de plus en plus exigeants. Développer son identité numérique engage bien plus qu’un simple site Internet. Dialoguer avec ses fournisseurs, connaitre ses clients, animer sa communauté et renforcer sa présence commerciale sur le net demande de plus en plus moyens et la mise en œuvre de technologies innovantes comme le Big Data, la mobilité, l’Internet des objets, etc… De l’aveu même des pure-players de l’Internet français comme Vente-privée.com ou Meetic.fr, se faire une place sur la toile aujourd’hui est devenu un exercice complexe et coûteux. En d’autres termes, la barre est haute, très haute, pour les nouveaux entrants.

Pourquoi le ticket d’entrée est-il si élevé ? Principalement parce que le socle de ces projets, les infrastructures, doivent être à l’image du web : résilientes, performantes, on-demand et disponibles 24h/24, 7j/7 sur toute la planète. Les infrastructures représentent la première brique, les fondations du Système d’Information. Elles doivent être ultra performantes et robustes pour supporter des systèmes d’information de plus en plus complexes.

Les grands noms du web sont dans une course permanente à l’expansion de leurs infrastructures pour proposer des services toujours plus innovants, en temps réel, aux quatre coins du globe.
Quelques chiffres pour s’en convaincre ?

Google a réalisé 1,2 milliard de dollars d’investissements dans ses infrastructures au seul premier trimestre 2013.
C’est le second plus gros investissement trimestriel de Google. Il représente un doublement de l’investissement par rapport au premier trimestre de l’année 2012. Et une progression de 20 % par rapport au trimestre précédent, au cours duquel Google avait déjà investi 1,02 milliard de dollars.

A quoi sont allouées de telles sommes ? Officiellement, ces investissements sont destinés à s’assurer de la qualité et à améliorer l’efficacité des services proposés par le moteur de recherche. Il est probable également qu’ils ont porté sur la fibre. Pour répondre à son ambition de devenir un opérateur Internet et communication (ISP), le moteur a lancé le projet Google Fiber. Il couvre déjà en fibre optique la ville de Kansas City. Deux autres projets de couverture en fibre jusqu’aux particuliers ont également été annoncés, Austin au Texas et Provo dans l’Utah. Les chiffres ne sont pas officiels mais nombre d’experts estiment à plus 1,1 millions le nombre de serveurs composants le Système d’Information de Google.

Facebook pour sa part compte 1,11 milliard de membres actifs dont 751 millions sur mobile et 26 millions en France, avec :

  • 2.45 Milliards de contenus différents et 4,5 milliards de « Like » partagés chaque jour
  • Plus de 235 millions de joueurs sur Facebook chaque mois
  • 62,6 millions de morceaux de musique écoutés 22 milliards de fois via les applications d’écoute de musique en ligne
  • 300 millions de photos uploadées chaque jour et 219 milliards de photos actuellement stockées

En résumé, le réseau de stockage représente plus de 100 petaoctets de stockage de photos et vidéos, soit 100.000 To (teraoctets). Chaque jour, Facebook doit stocker 500 To de données supplémentaires. Le tout est soutenu par un maillage de plus de 300 000 serveurs pour offrir une expérience utilisateur sans faille.

Les chiffres d’Amazon et Microsoft sont tout aussi vertigineux. Alors faut-il être un géant et engloutir des dizaines de milliards de dollars pour exister sur Internet ?

La réponse est fort heureusement non ! De plus en plus de services d’infrastructure « sur étagère » (IAAS, SAAS, …) permettent aux entreprises d’avoir accès aux meilleures technologies, sans interruption, dans le monde entier et sans investir des fortunes.

Dans ce monde parfait façonné par les géants du web, un problème subsiste, la confidentialité des données et notre liberté. C’est sans doute le prochain défi que devront relever les grands noms d’Internet s’ils ne veulent pas voir leurs milliards d’investissement boudés par les masses aux profits de plates-formes plus sûres ou la liberté de pensée ne se réduit pas à des 0 et des 1.