Kévin Palop

Kévin Palop

Consultant AMOA chez Arsia Mons
En recherche de progression et d'expérience, j'estime que la réussite passe par la remise en question constante des acquis et une forte capacité d'adaptation.
Afin de mettre à l'épreuve cette conviction, et après avoir travaillé chez KPMG et Capgemini, j'ai choisi d'intégrer ARSIA MONS en 2013, où l'esprit d'entreprendre et la prise d'initiatives sont fortement encouragés.
Kévin Palop

img-article6Attirer (et retenir) les nouvelles générations

Lorsque l’on cherche à analyser les apports du numérique à l’entreprise qui cherche à devenir mature dans le domaine, on pense toujours aux parts de marché et à la rentabilité que le numérique peut contribuer à faire gagner. Moins souvent l’on pense aux ressources internes de l’entreprise, à son moteur fait d’énergie humaine, d’idées et d’ambitions. Pourtant la maturité numérique d’une entreprise est intimement liée à sa capacité d’attraction et de rétention des nouvelles générations qui doivent prendre dès aujourd’hui le relais de la croissance.

Le concept de Génération Y, les digital natives, a certes forci le trait. Des études[1] commencent à montrer que l’on ne peut pas généraliser la maîtrise et la pratique des outils numériques chez toutes les personnes nées au début des années 80 et 90, tant l’accès et la pratique de ces outils est facteur d’une éducation et de moyens financiers parfois conséquents. Cependant, force est de constater l’explosion des usages numériques dans cette génération. Les digital natives, s’ils ne sont pas tous des experts du numérique, sont en revanche à peu près tous connectés. Appartenir et participer activement à un réseau social est une norme, tchatter un réflexe, dans une culture d’immédiateté et d’efficacité qui, de ce point de vue, est cohérente avec les objectifs d’une entreprise.

Il est donc parfois surprenant de voir la résistance qu’opposent certaines sociétés à l’intégration de ces nouveaux usages numériques dans leurs processus et vie courante. D’autant plus que les technologies de smartphone rendent aujourd’hui toute tentative d’hermétisme nulle et non avenue : comment interdire à ses salariés d’aller sur Facebook, de surfer sur internet, quand leurs smartphones sont plus adaptés et efficaces pour cela que la bureautique verrouillée qu’on leur met à disposition ? Interdire est illusoire. Protéger et canaliser ces usages sont la marque des entreprises qui savent attirer cette nouvelle génération et en tirer le meilleur.

L’ouverture au numérique est la première vitrine de modernité et d’innovation que l’on peut présenter aux futurs salariés. C’est aussi ce qui permet au collaborateur d’importer son éco-système, son réseau, sa façon d’être. Et si l’argent, les opportunités de carrière et les divers avantages en nature sont autant d’arguments pour fidéliser un salarié performant, garantir sa zone de confort numérique en est un autre qui gagne en importance auprès des digital natives. L’ouverture du territoire de l’entreprise à l’éco-système numérique du salarié a d’ailleurs un effet collatéral de vases communicants : si le numérique personnel pénètre la société, l’inverse est aussi vrai. Un salarié étant disponible pour son réseau social quand il est au travail a de fortes chances d’être disponible pour sa société lorsqu’il arpente son réseau social.

Cela implique que la barrière s’abaisse. Et que la confiance s’installe. Confiance dans les usages numériques des nouvelles générations, mais aussi dans leur professionnalisme et leur capacité à concilier leur besoin de connectivité et les besoins de leur entreprise. Loin d’être opposables, ces deux mondes peuvent entrer en synergie.

 

[1] http://habilomedias.ca/jcmb/experts-ou-amateurs-jauger-competences-litteratie-numerique

http://news.msu.edu/media/documents/2010/03/d86dd7ab-adb0-4887-a043-96b559595fe2.pdf