img-article6Les MOOCs – L’éducation à portée de clique

Que diriez-vous si on vous donnait la chance d’étudier l’informatique au MIT, la chimie à Princeton et le droit à Yale, le tout, sans quitter le vieux continent ?

Ce qui était complexe, voire impossible il y a encore quelques années, est désormais une réalité dont profitent des millions de gens dans le monde grâce aux MOOCs (Massive Open Online Courses). A l’image de la fracture numérique qui semble se réduire petit à petit, ce nouveau modèle apparaît aujourd’hui comme un moyen de diminuer les écarts en termes d’accès à l’éducation.

Les cours en ligne n’ont rien de nouveau en soi. Cela fait presque une décennie qu’internet a commencé à révolutionner et à modifier les méthodes d’enseignement traditionnelles, notamment dans l’éducation supérieure. Les MOOCs se différencient des cours en ligne traditionnels par l’interactivité et la qualité des cours mis à la disposition de n’importe quel internaute, et ce gratuitement, par des universités telles que Harvard avec sa plateforme edX ou encore Stanford, Yale et Princeton qui travaillent main dans la main sur leur plateforme commune Coursera.

Ces cours basés sur le Web sont ouverts à tous, peu importe l’âge, la nationalité, la profession ou le statut social. Là où les anciens cours en ligne proposaient des contenus limités et une interactivité proche du néant, les MOOCs eux, sont composés aussi bien de supports écrits traditionnels, que de supports audio et vidéo (en live ou en streaming), qui donnent réellement l’impression d’être assis en amphithéâtre. On comprend bien l’opportunité qu’une telle révolution pourrait apporter aux individus qui sont actuellement désavantagés dans leur accès à l’éducation, comme certains étudiants du tiers monde.

Après tout, le monde regorge d’incroyables talents. Le simple fait d’avoir eu la chance d’être né au bon endroit et au bon moment ne devrait plus être un facteur si déterminant dans la réussite de chacun, ou encore dans la probabilité de devenir un jour, prix Nobel de science. Ainsi, la probabilité de voir émerger un plus grand nombre de Steve Jobs et Albert Einstein dans certains pays en difficulté augmentera fortement dans les prochaines années avec la démocratisation des plateformes MOOCs.

Comment les MOOCs change l’éducation telle que nous la connaissons ?

Les MOOCs ont déjà commencé à avoir un impact significatif dans beaucoup de pays en voie de développement, dans lesquels certaines communautés rurales isolées n’avaient peu ou pas du tout accès à l’école. Mais ils ont aussi eu un impact important sur la manière dont on apprend dans le reste du monde.

Si cette entreprise se révèle être fructueuse, les Hommes auront alors un accès conséquent à une éducation de qualité, basée sur le partage, la flexibilité, l’échange et la communauté, le tout, sans avoir à payer un centime. Le potentiel des MOOCs est grand, on peut penser aux pères et mères au foyer qui peuvent prendre des cours lors de leurs temps libres, ou encore aux professionnels souhaitant améliorer leur anglais, qui trouvent le temps de se former lors de leur pause déjeuner.

En France, on peut aussi y voir un moyen de palier aux lacunes du système d’orientation post-bac. Les MOOCs pourraient par exemple permettre aux lycéens de s’essayer à quelques cours d’université pour tenter de trouver leur voie, ou encore à prendre de l’avance pour les plus studieux.

Le but de ces formations à distance de masse est de faire en sorte que l’apprentissage d’un MOOC vaille un apprentissage présentielle. En effet, certains MOOCs offrent déjà des certificats une fois le cours entièrement terminé. Dans le futur, les participants utiliseront ces certificats afin de prouver leurs connaissances dans un domaine particulier, demandé par un employeur dans une offre d’emploi par exemple.

Les limites actuelles du modèle des MOOCs ?

Tout le monde ne fait pas l’éloge du développement des MOOCs. Beaucoup d’universitaires grincent des dents et affirment craindre qu’ils finissent un jour par remplacer les interactions traditionnelles en face-à-face et participent ainsi à une déshumanisation déjà présente à certains égards dans nos sociétés.

Pour certains étudiants, le diplôme papier obtenu au travers de formations présentielles très onéreuses, ne devrait pas avoir la même valeur qu’un MOOC issu de la même école. Si tel était le cas, ils indiquent que la réputation et le prestige de l’établissement seraient alors menacés. La renommée d’une université comme Harvard pourrait être revue à la baisse, cette dernière reposant en partie sur une forte sélection à l’entrée et des frais de scolarité très élevés, justifiant la qualité d’un enseignement normalement introuvable ailleurs et destiné à l’élite intellectuelle de ce monde.

Une autre limite subsiste dans le fait que certains MOOCs ne sont pas vraiment gratuits. Afin de produire ces contenus de haute qualité, quelqu’un doit les financer, même si ce n’est pas l’apprenant. Actuellement, les MOOCs existants sur le marché sont créés par le biais de financements massifs d’universités et d’entreprises privées.

Il est possible qu’à l’avenir le Business Model actuel (utilisant notamment les MOOCs comme outil de promotion) change, et que les apprenants finissent par devoir payer pour vivre une telle expérience. Ceci existe déjà au sein de certains MOOCs qui font payer la dernière semaine de cours, obligatoire pour obtenir son certificat.

Les nouvelles technologies ont entraîné un ensemble de mutations sociétales. Les MOOCs constituent les prémices d’une éducation nouvelle utilisant au mieux ces technologies, en proposant un modèle équitable pour tout type d’apprenant et rentable pour ceux qui investissent dans ces solutions.

Dans l’histoire, le savoir et la connaissance étaient avant réservés aux biens-nés et à une petite minorité. De nos jours, il semblerait que la devise soit devenue quelque chose comme : « La connaissance, c’est partager le savoir qui nous fait grandir ».