Imaginez : une cyberattaque paralyse vos systèmes pendant 48 heures. Vos clients ne peuvent plus accéder à vos services, vos équipes sont dans le flou, et chaque heure d’arrêt coûte des milliers d’euros. Ce scénario n’est pas une fiction, mais une réalité pour des milliers d’organisations chaque année
Dans un environnement de plus en plus numérique et interconnecté, les organisations (quelle que soit leur nature : entreprises, services publics…) font face à des menaces croissantes : cyberattaques (ransomware, DDoS), défaillances techniques (pannes matérielles, bugs logiciels), ou événements externes (catastrophes naturelles, crises géopolitiques).
Quelques chiffres :
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- Si le coût de remédiation d’une attaque de ransomware a baissé en 2024 grâce à une meilleure réactivité des organisations, il reste élevé et évalué à 1,5 million de dollars en moyenne (sur 3400 organisations de 17 pays cf « L’état des ransomware 2025 » de Sophos).
- Le coût moyen mondial d’une violation de données en 2025 est de 4,4 millions de dollars selon le « Data Breach Report 2025 » d’IBM.
- Selon le baromètre CESIN 2025, 72% des entreprises se disent prêtes à détecter une cyberattaque, mais seulement 54% savent y répondre efficacement.
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La résilience des systèmes (c’est-à-dire la capacité à maintenir la continuité des services et à récupérer rapidement après un incident) n’est plus une option, mais une nécessité stratégique.
Trois erreurs à éviter
Sous-estimer les risques potentiels
Beaucoup d’entreprises minimisent les risques de pannes majeures ou de cyberattaques, pensant que leur secteur ou leur taille les protège. Pourtant les attaques DDoS (attaque par déni de service, qui consiste à rendre un service indisponible en le surchargeant de requêtes) ont augmenté de 150 % en 2024, ciblant aussi bien les grands groupes que les infrastructures critiques. Cloudflare avait ainsi recensé 27,8 millions d’attaques sur le premier semestre 2025.
Les attaques par ransomware sont beaucoup moins nombreuses (plus de 5400 en 2024 à l’échelle mondiale selon une étude Comparitech), mais leurs conséquences peuvent être très fatales pour certaines entreprises déjà fragiles, comme en France Clermont Pièces ou Lise Charmel.
Une mauvaise gestion de la continuité des activités
L’absence d’un Plan de Continuité d’Activité (PCA) peut entraîner des pertes de données irréversibles et des arrêts prolongés. Mais mettre en PCA en place ne suffit pas, il faut procéder à des tests réguliers pour s’assurer de son efficacité.
Pourtant, selon l’ANSSI, seulement 60 % des grandes entreprises françaises testent leur PCA au moins une fois par an, mais seulement 25 % le font 2 fois par an, alors que cela permet de réduire le coût moyen par incident de 50 à 60 %.
Du côté des PME, seules 38 à 45 % des entreprises françaises disposent d’un PCA et seulement 20 à 30 % le testent annuellement (selon un sondage CESIN/OpinionWay et Bpifrance).
Des solutions de sauvegarde et de récupération trop complexes
Les solutions de sauvegarde et de reprise après sinistre (Plan de reprise d’Activité ou PRA) sont trop souvent :
- Mal dimensionnées (par exemple des sauvegardes trop lentes ou de volume insuffisant pour les pics d’activité)
- Trop complexes (par exemple multiplicité des outils de sauvegarde sans réelle intégration).
- Non testées (par exemple des sauvegardes corrompues ou incomplètes).
Seuls des tests complets et réguliers permettent de détecter ces limites.
Comment renforcer la résilience
de ses systèmes ?
1-Commencer par bien identifier les risques
Cartographier les risques en identifiant les scénarios critiques (cyberattaques, pannes matérielles, coupures réseau) et leurs impacts (financiers, opérationnels, réputationnels).
Évaluer également les dépendances et auditer régulièrement les fournisseurs tiers (cloud, hébergeurs, sous-traitants) et leurs propres plans de résilience.
Si besoin, s’appuyer sur des normes comme ISO 22301 (continuité d’activité) ou NIST SP 800-160 (résilience des systèmes) pour structurer l’analyse.
2-Elaborer des plans de continuité robustes et testés
Un plan de continuité doit être défini pour tous les services critiques de l’organisation (par exemple commandes e-commerce, paiements, accès aux données clients…). Prioriser les services critiques, et pour chacun, définir avec le métier des objectifs réalistes : RTO (Recovery Time Objective ou temps de rétablissement) et RPO (Recovery Point Objective ou point de récupération).
Ces plans doivent être documentés (qui fait quoi, avec quels outils, dans quel délai) en tenant compte des réglementations applicables à l’organisation, notamment DORA qui impose de nombreuses contraintes au secteur financier) et NIS2, qui exige des plans de continuité pour les opérateurs critiques (par exemple énergie ou transports).
Les équipes doivent être formées à la mise en œuvre de ces procédures et au rôle de chacun (qui déclare l’incident à l’ANSSI ? Qui contacte les prestataires ?…).
Enfin, le PCA doit être testé au minimum 2 fois par an, en simulant des pannes variées (coupure du datacenter principal, panne cloud, attaque ransomware…). A chaque test, mesurer les temps de reprise, corriger les failles identifiées (sauvegardes incomplètes) et ajuster les procédures.
3-Mettre en place des systèmes de sauvegarde redondants et sécurisés
Une astuce pour cela consiste à adopter une stratégie « 3-2-1 » :
- 3 copies des données (1 primaire + 2 sauvegardes).
- 2 supports différents (ex. : disque + cloud).
- 1 sauvegarde hors site (ex. : cloud géo-redondant).
Il est important de chiffrer les sauvegardes pour les protéger.
Pour accélérer la remise en service, on peut automatiser les restaurations grâce des scripts, au moins pour les données critiques. Les tests de restauration peuvent aussi être automatisés.
4- Renforcer la cybersécurité et la détection des menaces
Des audits sécurité réguliers permettent de détecter les failles et de renforcer peu à peu la sécurité des systèmes. En cas d’attaque, la capacité à segmenter le réseau permet d’isoler les systèmes attaqués des systèmes critiques pour l’activité (serveurs de paiement, bases clients…).
Le déploiement de solutions EDR (Endpoint Detection and Response) ou XDR (Extended Detection and Response) permet une surveillance des activités, une détection des anomalies et une réponse rapide.
Ces solutions sont à utiliser en complément d’une sensibilisation des équipes aux enjeux de la cybersécurité et d’exercices de réponse aux incidents.
5- Collaborer avec les prestataires et les autorités
L’implication des prestataires informatiques est essentielle pour une gestion efficace de la continuité, en particulier ceux qui hébergent vos données. Cela commence par des clauses de résilience dans les contrats, avec des temps de rétablissement garantis, mais aussi des audits réguliers et la collaboration pour la mise en place de solutions et les tests.
Il peut aussi être pertinent de participer aux exercices sectoriels, par exemple aux exercices cybersécurité réalisés avec l’ANSSI dans le secteur de la santé, ou encore aux tests DORA avec l’ACPR.
La résilience passe aussi par une veille proactive : s’abonner aux alertes de l’ANSSI ou du CERT-EU permet d’anticiper les menaces émergentes.
Conclusion :
La résilience, un investissement stratégique
La résilience des systèmes n’est pas une dépense, mais un investissement pour :
- Protéger les données critiques (clients, patients, transactions).
- Garantir la continuité des services (même en cas de crise).
- Réduire les coûts liés aux pannes (amendes, perte de chiffre d’affaires).
- Renforcer la confiance des clients et des régulateurs.
Votre organisation est-elle prête à faire face à une cyberattaque ou une panne majeure ? Contactez-nous pour un audit de résilience et un plan d’action sur mesure.
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